Amende GPS au volant : ce que vous risquez vraiment

Amende GPS au volant : ce que vous risquez vraiment

Temps de lecture estimé : 8 minutes

Points clés à retenir

  • Un GPS fixé sur support et non manipulé est autorisé : l’infraction ne vise que le téléphone tenu en main (article R412-6-2), pas la présence de l’appareil.
  • Barème : 135 € forfaitaire, 90 € dans le délai de paiement, 375 € majorée après 45 jours, plus 3 points restitués automatiquement après 6 mois sans nouvelle infraction.
  • Un véhicule arrêté à un feu rouge, moteur allumé, reste « en circulation » : la consultation du téléphone y est verbalisable.
  • La suspension administrative expérimentée depuis mai 2026 cible le téléphone tenu en main, pas le GPS correctement fixé ; elle se distingue du retrait de points et de la suspension judiciaire.
  • Un support mal placé ou un câble qui gêne la visibilité peut être relevé au titre de l’article R412-6 sur la maîtrise du véhicule.

Amende pour usage du GPS au volant : ce que vous risquez vraiment

L’amende pour usage du GPS au volant n’existe pas en tant que telle — et c’est précisément là que naissent les malentendus. Ce que le Code de la route sanctionne, c’est l’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation. Un smartphone fixé sur un support qui affiche Waze ou Google Maps, sans que vous le touchiez, n’entre pas dans cette définition.

J’ai passé dix-huit ans à contrôler des véhicules avant de former des conducteurs en stage de récupération de points. La confusion entre « GPS » et « téléphone au volant » revient à chaque session. En stage la semaine dernière encore, un participant était persuadé qu’un simple support suffisait à se faire verbaliser. Ce n’est pas le cas.

Voyons ce qui est autorisé, ce qui coûte 135 €, et ce qui a réellement changé avec les suspensions administratives expérimentées depuis 2026.

GPS au volant : ce qui est autorisé et ce qui vaut 135 €

Le texte de référence est court. L’article R412-6-2 du Code de la route interdit « l’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation » et le sanctionne par une contravention de 4ᵉ classe. Ce n’est donc pas l’objet qui est visé, mais la façon dont vous l’utilisez : un point à examiner pour contester une amende pour téléphone.

D’où la grille que j’emploie systématiquement en formation : usage passif contre usage actif.

  • Usage passif — le smartphone est fixé sur un support (grille d’aération, tableau de bord, ventouse), l’itinéraire s’affiche, vous ne le touchez pas. Vous restez dans le cadre autorisé.
  • Usage actif — vous tenez l’appareil, vous tapez une adresse, vous lisez un SMS, vous faites défiler une playlist. Vous êtes en infraction.

La question du feu rouge revient à chaque session : « et si je suis arrêté ? » Un véhicule arrêté moteur tournant sur la chaussée, à un feu ou dans un bouchon, reste en circulation au sens du Code. La tolérance n’existe pas. Seul le stationnement effectif — moteur coupé, place matérialisée — sort du champ.

SituationAutoriséRisque encouru
GPS fixé sur support, non manipulé en roulantOuiAucun
GPS fixé, écran touché en roulantNon135 € + 3 points
Téléphone tenu en main (appel, SMS)Non135 € + 3 points
Téléphone posé sur les genoux ou le siègeNon135 € + 3 points
Consultation à un feu rouge, moteur alluméNon135 € + 3 points
Support ventousé au milieu du pare-briseNon (visibilité)Article R412-6, verbalisable

Dernier point souvent oublié : la place du support. L’article R412-6 impose de rester en mesure d’accomplir les manœuvres et de disposer d’une visibilité suffisante. Un GPS ventousé en plein milieu du pare-brise, ou un câble qui traverse le volant, se relève indépendamment de toute manipulation. Lors d’un contrôle de nuit sur l’A6, j’ai vu un automobiliste verbalisé non pas pour son téléphone — posé sur le siège passager — mais pour un écran qui masquait son rétroviseur intérieur. Fixez votre support en bas et à droite, et vérifiez votre champ de vision.

Montant de l’amende GPS au volant : 135 €, 90 € ou 375 € ?

Le montant ne dépend pas de l’application ouverte : il dépend du délai de paiement. Une verbalisation pour téléphone manipulé, y compris pour régler son itinéraire, relève du même barème forfaitaire.

Type d’amendeMontantDélai / condition
Amende forfaitaire135 €À réception de l’avis de contravention
Amende forfaitaire minorée90 €15 jours (30 jours si l’avis est adressé par courrier)
Amende forfaitaire majorée375 €Après 45 jours sans paiement ni contestation
Récidive (5ᵉ classe)Jusqu’à 1 500 €Tribunal + suspension possible 3 ans

À ces montants s’ajoute le volet points : retrait de 3 points. Pour une contravention de 4ᵉ classe, ils sont restitués automatiquement après six mois sans nouvelle infraction. Vous pouvez aussi les récupérer par un stage de sensibilisation : 4 points maximum, un stage par an, une démarche qui ne remplace pas l’amende pour conduite sans permis.

En cas de récidive — même infraction dans les trois ans — on bascule sur une contravention de 5ᵉ classe, jugée devant le tribunal, avec suspension du permis possible jusqu’à trois ans. Au tribunal de Bourg, j’ai vu un conducteur convoqué pour un troisième téléphone en main en deux ans : six mois de suspension confirmés à l’audience.

Deux mises en garde. La notification de retrait de points — la lettre 48SI — arrive par recommandé, parfois des semaines après le contrôle : ne comptez pas sur l’oubli. Et méfiez-vous des sites promettant une « récupération immédiate » ou une contestation automatique. Le délai de contestation d’un avis de contravention est de 45 jours, par requête motivée ; aucune prestation payante ne raccourcit la procédure.

La suspension du permis s’étend en 2026 : vrai ou faux ?

Vrai, mais avec un périmètre qu’il faut préciser, parce que le marketing de la peur s’en empare sans nuance. Depuis mai 2026, plusieurs préfectures ont expérimenté la suspension administrative immédiate pour usage du téléphone tenu en main constaté en roulant ; la mesure a ensuite été étendue au-delà des quatre départements pilotes. Concrètement : le préfet peut suspendre le permis sans attendre le tribunal.

Ce que vise cette mesure : le téléphone tenu en main, l’appareil manipulé, la distraction relevée au procès-verbal. Ce qu’elle ne vise pas : un smartphone fixé sur son support dont vous ne touchez pas l’écran. Un GPS correctement utilisé ne vous expose donc pas à cette suspension.

À ne pas confondre : trois mécanismes distincts. Le retrait de points (3 points) est la conséquence administrative automatique de la contravention. La suspension administrative est une décision du préfet, immédiate et provisoire, contestable devant le tribunal administratif par référé-suspension. La suspension judiciaire est une peine prononcée par le tribunal, jusqu’à trois ans en récidive.

Si vous recevez un avis de suspension, deux réflexes : vérifier la date de prise d’effet et le fondement de l’arrêté, puis consulter un avocat en droit routier si vous entendez contester. Un référé-suspension ne se tente pas seul. Ceci n’est pas une consultation juridique : voyez un avocat pour votre dossier.

GPS intégré, smartphone, Apple CarPlay : qui risque quoi ?

Le critère reste unique : l’appareil est-il tenu en main ou manipulé ? Le reste relève de la maîtrise du véhicule.

SystèmeFixationManipulation en roulantRisque
GPS intégré constructeurIntégré au tableau de bordCommandes au volant ou écran du véhiculeAucun au titre du téléphone
Apple CarPlay / Android AutoIntégré, commandes vocalesTouches sur l’écran du véhiculeLimité : R412-6 si perte de maîtrise
Smartphone sur supportFixé, hors champ de visionAucuneAucun
Smartphone en mainNonOui135 € + 3 points

Deux nuances. Un GPS intégré ou un écran CarPlay se règle à l’arrêt : tripoter le menu à 130 km/h reste une perte de maîtrise au sens de l’article R412-6, même si aucune contravention « téléphone » ne peut être relevée. Et un smartphone posé sur le siège n’est pas « sur support » : dès que vous le prenez, vous basculez en usage actif. La même frontière entre passif et actif traverse les règles du kit mains-libres et de l’oreillette.

En stage la semaine dernière, une conductrice me racontait avoir été verbalisée alors que son téléphone était, selon elle, « juste posé sur le tableau de bord ». Sur le cliché du contrôle, l’appareil était tenu à la main, écran vers le visage. Le support n’est pas un accessoire de confort : c’est la preuve matérielle de votre usage passif.

Questions Fréquentes

Peut-on utiliser Waze au volant sans amende ?

Oui, tant que le téléphone reste fixé sur un support et que vous ne le manipulez pas en roulant. L’application n’est jamais en cause : c’est l’usage actif de l’appareil qui est sanctionné. Réglez votre destination avant de démarrer, puis n’intervenez plus.

Un GPS sur support est-il considéré comme un téléphone au volant ?

Non. C’est l’usage qui est visé, pas la présence physique de l’appareil. Un smartphone immobilisé sur son support relève de l’usage passif autorisé par l’article R412-6-2, à condition qu’il ne gêne pas votre champ de vision.

Quelle différence entre GPS intégré et smartphone pour l’amende ?

Aucune restriction pour le GPS intégré au véhicule ; le smartphone n’est autorisé que fixé sur un support. Un écran d’origine se manipule toutefois avec la même prudence : au-delà de quelques secondes d’inattention, vous sortez du cadre de la maîtrise du véhicule.

La suspension du permis s’applique-t-elle pour le GPS ?

Non, la suspension cible le téléphone tenu en main. Un GPS correctement fixé et non manipulé n’expose ni à la suspension administrative du préfet ni à la suspension judiciaire prononcée en récidive.

Ce qu’il faut retenir avant de reprendre la route

Trois repères, et vous avez l’essentiel. GPS fixé et non touché : autorisé. Téléphone tenu en main : 135 € et 3 points, avec 90 € si vous payez dans les délais et 375 € en cas de silence. Suspension administrative depuis 2026 : elle vise le téléphone en main, pas la navigation sur support. Avec un capital de points réduit au départ, ces 3 points se gèrent autrement : le téléphone en permis probatoire a ses propres règles.

Investir dans un support à quinze euros reste la meilleure police d’assurance, bien avant les applications de prévention. Et si un avis de contravention arrive, gardez le calendrier en tête : 45 jours pour contester, six mois pour que vos points reviennent.

Reste que la meilleure façon d’éviter une amende pour usage du GPS au volant consiste simplement à programmer votre trajet avant de démarrer.

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